Project Nightingale : exploitation des données de santé par des algorithmes Google

Non content d'être omniprésent sur l'Internet pour amasser le plus de données concernant les internautes, Google meurt d'envie d'en savoir toujours plus. Leur dernière bourde en date est la révélation d'un de leur récent partenariat avec la boîte Ascencion qui officie dans le business des hopitaux, maisons de retraite et tout ce qui gravite autour.

Il est courant pour des entreprises de bosser avec Google. Généralement le deal porte sur l'utilisation des services Google habituels (Gmail, Drive et compagnie dans une version légèrement différentes adaptée aux entreprises). Là, le projet est bien plus pervasif car il consistait à transmettre les données médicales des patients pour que la myriade d'algorithmes du grand G puisse aider à orienter les parcours de soins, optimiser les diagnostics, faire des recoupements toussa toussa.

Le but est à peu près louable mais comme souvent les considérations de repect de la vie privée sont tout bonnement ignorés. À aucun moment les patients n'auraient eu leur mot à dire.

C'est particulièrement gênant dans le contexte des USA où là-bas le système de santé est radicalement différent de celui de la France. Là-bas, point de sécu et les frais de santé culminent à des niveaux astronomiques. Les assurances coûtent également une fortune et de ce fait de nombreux usiens renoncent à certains soins pour raisons financières.

Un étasunien en mauvaise santé est plus difficilement employable, plus difficilement assurable et les établissements de crédits les pénalisent gravement. De ce fait, les données concernant leur santé sont d'autant plus critiques qu'elles influent énormément sur leur vie.

Bien entendu, Google assure que ces données ne seront pas exploitées à d'autres fin que celle initialement prévue pour ce deal. Mais, rien qu'en interne, les employés à même d'accéder à ces données sont déjà nombreux. Qui plus est, ces données ayant une très grande valeur, il s'agit d'une cible de choix pour de potentiels pirates.

Bref, la révélation de cette histoire a provoqué quelques remous, à raison. En France, nous ne sommes pas à l'abri d'un accord similaire, que ce soit avec Google ou tout autre gafaM (ouai en France on est un peu trop collé à Microsoft).